Toute une équipe de micronutriments au service d’un système immunitaire performant

Jeune famille avec trois enfants en promenade au bois, l‘automne

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Des micronutriments pour la prévention immunitaire

À l’heure actuelle, on se demande plus que jamais si les micronutriments peuvent influer sur la fréquence, la durée et la sévérité des infections des voies respiratoires supérieures, et dans quelle mesure.

Pour certains comme les vitamines A, B6, B12, C et D, ainsi que pour le zinc, le sélénium, le fer et le cuivre, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a jugé probantes les données scientifiques et autorisé l’allégation de santé «... contribue au fonctionnement normal du système immunitaire» pour les compléments alimentaires qui en contiennent.

Influence des micronutriments sur le système immunitaire
L’influence des micronutriments sur la réponse immunitaire. Modifié d’après Gombart et al. 2020

Toute une équipe de micronutriments au service de l’immunité – vue d’ensemble des données scientifiques actuelles

Utilisation préventive et thérapeutique du zinc

Prévention:
Un léger déficit en zinc peut déjà augmenter la sensibilité aux infections. Les groupes à risque de déficit en zinc sont les enfants et les adolescents, les seniors, les végétariens, les sportifs, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes. Une supplémentation en zinc peut réduire la fréquence des infections. 

Dans les études, des doses de zinc de 10 à 45 mg par jour ont été administrées à cette fin.
2,3 En l’absence d’informations sur les concentrations initiales de zinc, une administration prophylactique de zinc à une posologie de l’ordre de 10 à 30 mg par jour pendant 2 à 3 mois est recommandée.

Traitement:
En cas d’infection d’allure grippale ou de refroidissement, le zinc peut raccourcir la durée de l’infection de 33% en moyenne.4 Pour ce faire, le zinc doit être pris en comprimés à sucer (sous forme d’acétate ou de gluconate de zinc) dès le début du refroidissement (c.-à-d. dans les 24 premières heures après l’apparition des premiers symptômes), à une dose quotidienne comprise entre 75 et 90 mg. Cette posologie sera maintenue pendant toute la durée de l’infection.

Une méta-analyse (n = 2216) met en avant les résultats positifs de l’administration adjuvante de zinc dans le traitement de la pneumonie sévère. L’administration de zinc (à raison de 10 à 20 mg par jour pendant 1 à 2 semaines) a permis de réduire la mortalité de 57%.5

Résumé de l’action du zinc sur le système immunitaire

Sélénium: un déficit peut augmenter la sensibilité aux infections et influer négativement sur leur évolution

Grâce aux modèles animaux, on sait que le statut sélénique est un facteur de virulence important. Un déficit en sélénium chez l’organisme hôte peut faire qu’un virus en fait légèrement pathogène devienne plus agressif. Ce phénomène a pu être mis en évidence pour les virus de la grippe et les virus Coxsackie.6

Comme un grand nombre d’autres pays européens, la Suisse est non seulement une région de carence en iode, mais aussi de carence en sélénium en raison de la faible concentration de cet oligo-élément dans les sols.

Si la carence en iode a été contrée activement par l’iodation du sel de cuisine, la carence en sélénium est un problème négligé.

Cette carence doit être évitée, tant pour réduire la sensibilité aux infections que leur degré de sévérité. Les concentrations de sélénium (dans le sang total) doivent être évaluées plus souvent dans la population générale. Comme complément alimentaire, le sélénium est supplémenté à raison de 50 à 150 μg par jour; dans la plupart des cas, une posologie de 50 à 60 μg par jour suffit en prévention.

Résumé de l’action du sélénium sur le système immunitaire

Vitamine C – efficace quand elle est bien utilisée

Prévention:
Selon une méta-analyse, une supplémentation régulière en vitamine C (≥ 1 g par jour) permet de réduire de 8% la durée d’un refroidissement chez l’adulte et de 18% chez l’enfant.7 Elle permet également de réduire la sévérité du refroidissement. En revanche, la vitamine C ne semble pas permettre de diminuer la fréquence des refroidissements dans la population moyenne. La vitamine C a toutefois permis de réduire de moitié le nombre de refroidissements chez des personnes qui produisent des efforts physiques intenses – et en cas de conditions climatiques extrêmes (froid, chaleur).7

Trois études contrôlées7 sont parvenues à la conclusion que l’administration adjuvante de vitamine C (posologies de 50–300 mg, 300 mg, 2 g par jour) réduit la fréquence des pneumonies de ≥ 80%. Ces données montrent en outre à quel point il est important de prévenir un déficit en vitamine C.

Traitement:
Selon une méta-analyse récente, la vitamine C a pu réduire de 25% environ le temps de ventilation des patients qui ont dû être mis sous respiration artificielle pendant plus de 10 heures aux soins intensifs.8 

La vitamine C était administrée par voie orale ou intraveineuse à raison de 1 à 6 g/jour.

En 2019, une autre méta-analyse était déjà parvenue à la conclusion que la vitamine C pouvait réduire de 7,8% la durée de séjour aux soins intensifs

(12 études, n = 1766).9 Dans six de ces études, une dose orale de 1 à 3 g de vitamine C par jour a permis de réduire cette durée de 8,6%.

Les auteurs soulignent que, vu son coût réduit et ses effets indésirables moindres, la vitamine C devrait être davantage intégrée à la prise en charge de ces patients.

Rrésumé de l’action de la vitamine C sur le système immunitaire

VITAMINE D3 – L’importance d’une bonne concentration sanguine

Martineau et al. ont publié dans le British Medical Journal une vaste méta-analyse (n = 11 321, 25 études contrôlées randomisées) visant à évaluer si une supplémentation en vitamine D3 peut réduire le risque d’infections respiratoires aiguës.10

Chez les sujets qui présentaient une concentration sanguine de 25-OH-D3 < 25 nmol/l avant la supplémentation, l’administration quotidienne ou hebdomadaire de vitamine D3 a permis de réduire le risque d’infection respiratoire aiguë de 70% (!). Chez les patients présentant une concentration initiale plus élevée de 25-OH-D3, la supplémentation a malgré tout permis une réduction du risque de 25%. Dans les études considérées, la dose de vitamine D3 variait généralement entre 800 et 4000 UI par jour.

En Europe centrale, une grande partie des personnes en bonne santé présente des concentrations trop faibles de vitamine D3. Une supplémentation la plus ciblée possible en vitamine D3 possède donc un important potentiel de prévention.

Les premières données montrent que des concentrations sanguines suffisamment élevées de vitamine D3 pourraient avoir un impact positif sur l’évolution d’une infection COVID-19.11

Résumé de l’action de la vitamine D sur le système immunitaire

À RETENIR

Un système immunitaire performant dépend de nombreux facteurs, dont l’alimentation, l’activité physique, la gestion du stress, l’hygiène du sommeil, etc. Les micronutriments sont des cofacteurs essentiels à une bonne réponse immunitaire et sont impliqués dans bien d’autres processus biochimiques. Les données disponibles à ce jour suggèrent d’avoir entre autres recours à une supplémentation en micronutriments pour renforcer le système immunitaire. Pour garantir la couverture des besoins journaliers, cette supplémentation peut se faire à l’aide d’une préparation multivitamines-minéraux équilibrée. Mais une supplémentation complémentaire et la plus ciblée possible en zinc, sélénium et vitamines C et D possède aussi un potentiel préventif et thérapeutique considérable.

Bibliographie

1 Gombart AF et al. A review of micronutrients and the immune system – working in harmony to reduce the risk of infection. Nutrients 2020;12(1). pii: E236. doi: 10.3390/nu12010236. 

2 Prasad AS et al. Zinc supplementation decreases incidence of infections in the elderly: effect of zinc on generation of cytokines and oxidative stress. Am J Clin Nutr 2007;85:837-844.

3 Allan GM et al. Prevention and treatment of the common cold: making sense of the evidence. CMAJ (Can Med Ass J) 2014;186(3):190-199.

4 Hemilä H. Zinc lozenges and the common cold: a meta analysis comparing zinc acetate and zinc gluconate, and the role of zinc dosage. J Royal Soc Med Open 2017;8(5):1–7.

5 Wang L et al. Efficacy of zinc given as an adjunct to the treatment of severe pneumonia: a meta-analysis of randomized, double-blind and placebo-controlled trials. Clin Respir J 2018;12:857-864.

6 Guillin OM et al. Selenium, Selenoproteins and viral infection. Nutrients 2019;11(9). pii: E2101. doi: 10.3390/nu11092101.

7 Hemilä H. Vitamin C and infections. Nutrients 2017;9(4). pii: E339. doi:10.3390/nu9040339.

8 Hemilä H et al. Vitamin C may reduce the duration of mechanical ventilation in critically ill patients: a meta-regression analysis. J Intensive Care 2020;8:15.

9 Hemilä H et al. Vitamin C can shorten the length of stay in the ICU: a meta-analysis. Nutrients 2019;11(4). pii: E708. doi: 10.3390/nu11040708.

10 Martineau AR et al. Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory tract infections: systematic review and meta-analysis of individual participant data. BMJ 2017;356:i6583. 

11 Grant WB et al Nutrients 2020;12(4):988.